x« On a perdu
Le meilleur de nous deux...»
Avant, je savais que je ne représentai rien pour toi, je savais que tu ne faisais pas trop attention à ce que je te disais, je savais que tu n'avais d'yeux que pour les friandises qui sortaient de ma main, et j'étais contente comme cela. Au bout de quelques temps, j'osais espérer que tu t'intéressais un peu plus à moi, j'espérai que les petits hennissements que tu poussais lorsque j'arrivais ne s'adressaient pas seulement à mes friandises, j'espérais que lorsque tu te frottais sur moi ce n'était pas juste pour te gratter le front. J'espérai tout ça, j'y croyais vraiment. Je me doutais un peu que te faire brosser et câliner ne te faisait ni chaud ni froid, je savais que tu aimais flâner dans la carrière, je savais pas mal de choses, je savais lorsqu'il ne fallait pas entrer dans ton box, je savais quand tu boudais vraiment ou lorsque tu me taquinais. Tu étais là lorsque j'avais besoin de toi, et j'osais espérer que c'était tout simplement parce qu'au fond de toi, tu m'aimais un minimum. Lorsque je suis venue te voir en juin après un mois d'absence, tu étais en colique, déprimée, et tu étais malade. Inquiète, mais heureuse parce que je me disais que je t'avais peut-être manquée, que tu t'étais peut-être laissée dépérir parce que je n'étais plus là. Je t'aimais encore plus, je ne doutais presque plus, l'espoir avait grandit. Aujourd'hui j'en doute. Quand je t'ai revu le jour de ton retour à la Villette tu n'as pas levée la tête, tu as continuer de grignoter ta paille comme si de rien n'était. Je me suis dit que c'était encore ton jeu ou que tu étais fatiguée et que ça passerai, mais au bout de dix minutes ton attitude n'avait pas changé et je suis partie comme je suis venue, sans dire un mot. Je suis revenue quelques jours après, en espérant que tu ailles mieux, que tu daignes me dire bonjour. Je t'ai sortie dans la cour, je t'ai brossé, mais tu n'avais plus confiance en moi, tu avais peur de mes moindres faits et gestes, tu ne m'écoutais plus parler, tu ne me reconnaissais pas. J'étais une parfaite inconnue. Et ça m'a fait mal. Je t'aimais pourtant, et j'espère qu'un jour tu t'en rendra compte, tu comprendra que j'ai fait tout mon possible. Tu comprendras peut-être. Et sinon, alors tant pis Petite Ponette, je ferai avec. Mais ce sera dur, très dur, trop dur.
Pix : Dix-fee-rance.skyblog.com
Phrase : Florent Marchet